Réglementation Airbnb à Salon-de-Provence : guide complet 2026

Salon-de-Provence attire chaque année près de 390 000 touristes, séduits par son patrimoine historique et sa proximité avec Aix-en-Provence et Marseille. Cette attractivité a naturellement favorisé l’essor de la location saisonnière dans la ville. Mais depuis la loi Le Meur de novembre 2024, la réglementation s’est considérablement durcie. Les propriétaires doivent désormais impérativement se mettre en conformité avec des obligations strictes. Ce guide détaille les démarches administratives, les restrictions en vigueur, la fiscalité applicable et les alternatives possibles pour louer votre bien en toute légalité.

La nouvelle législation Airbnb en 2026 : ce qui change

Depuis novembre 2024, la location de courte durée en France s’inscrit dans un cadre législatif profondément rénové. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, constitue le texte fondateur qui encadre désormais toutes les locations de meublés de tourisme sur le territoire national. Cette réforme marque un tournant majeur pour les propriétaires qui louent sur Airbnb et les autres plateformes.

Les principales mesures de la loi Le Meur

La loi Le Meur introduit plusieurs obligations incontournables pour tous les propriétaires. L’enregistrement obligatoire devient universel : chaque meublé de tourisme doit désormais disposer d’un numéro d’enregistrement unique à 13 caractères, délivré via le portail national Declaloc. Ce numéro doit figurer sur toutes les annonces Airbnb et autres plateformes de réservation, sous peine de déconnexion automatique.

Le plafond de location pour une résidence principale est abaissé de 120 à 90 jours par an dans les communes qui le décident. Les maires disposent désormais de pouvoirs renforcés pour réguler les meublés de tourisme : ils peuvent fixer des quotas par zone, imposer des restrictions géographiques et adapter les règles locales selon les besoins de leur territoire.

La loi impose également la réalisation d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) pour tous les meublés de tourisme, alignant ainsi ces locations sur les exigences du marché locatif traditionnel.

Pour en savoir plus sur les spécificités de la résidence principale, consultez notre guide pour louer sa résidence principale sur Airbnb à Salon-de-Provence.

Les échéances clés à respecter pour les propriétaires

Le calendrier de mise en conformité s’étale sur plusieurs années. Depuis mai 2026, le portail national unique Declaloc est pleinement opérationnel. Tous les propriétaires doivent y enregistrer leur bien pour obtenir leur numéro à 13 chiffres. Les plateformes comme Airbnb bloquent automatiquement toute annonce dépourvue de ce précieux sésame.

Côté performance énergétique, les échéances sont strictes. Les logements classés G au DPE sont interdits à la location depuis janvier 2025, y compris pour la location saisonnière. Les logements classés F seront exclus du marché locatif à partir de 2028. Ces mesures visent à éliminer progressivement les passoires thermiques du parc locatif français et s’appliquent pleinement aux meublés de tourisme.

La loi anti-Airbnb et ses conséquences à Salon-de-Provence

La loi de novembre 2024 est rapidement devenue célèbre sous le nom de « loi anti-Airbnb ». Ce surnom reflète son objectif principal : rééquilibrer le marché locatif en réduisant les avantages fiscaux accusés de favoriser la location courte durée au détriment du logement longue durée classique. Pour les propriétaires de Salon-de-Provence, cette réforme se traduit par des changements concrets, tant sur le plan fiscal que réglementaire.

La réduction des avantages fiscaux pour les meublés de tourisme

Le volet fiscal de la loi Le Meur marque un tournant pour les propriétaires. L’abattement forfaitaire du régime micro-BIC a été divisé par deux : il passe de 50 % à 30 % pour les meublés de tourisme non classés, et de 71 % à 50 % pour les meublés classés.

Concrètement, un propriétaire qui génère 12 000 euros de recettes annuelles verra son imposition globale passer d’environ 2 800 euros à plus de 4 000 euros. Cette baisse rend le classement en meublé de tourisme étoilé beaucoup plus attractif, ou pousse certains à basculer vers le régime réel pour amortir leur bien et déduire les charges. L’objectif affiché : aligner progressivement la fiscalité des locations courtes sur celle des locations longue durée.

Le renforcement des pouvoirs de la commune

Les maires disposent désormais de leviers beaucoup plus puissants pour réguler les meublés de tourisme. La commune de Salon-de-Provence peut abaisser le plafond de nuitées pour les résidences principales de 120 à 90 jours par an, fixer des quotas d’autorisations de meublés de tourisme sur tout ou partie de son territoire, et réserver certaines zones du plan local d’urbanisme (PLU) aux résidences principales.

Ces pouvoirs s’inscrivent dans un mouvement national : Marseille a adopté la limitation à 90 jours dès 2026 et impose désormais une compensation logement pour chaque résidence secondaire mise en location touristique. Aix-en-Provence et Bordeaux appliquent également des restrictions similaires. Salon-de-Provence, située en zone tendue (périmètre où l’offre de logements ne suffit pas à répondre à la demande), pourrait prochainement durcir sa réglementation locale pour préserver son parc résidentiel.

Les démarches pour louer une résidence secondaire sur Airbnb

Mettre en location une résidence secondaire à Salon-de-Provence implique de suivre un parcours administratif précis. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Le Meur, ces démarches sont devenues incontournables pour tout propriétaire souhaitant proposer son bien sur les plateformes de location saisonnière.

La déclaration en mairie et le changement d’usage

Avant toute mise en location, vous devez effectuer une déclaration en mairie auprès de la commune de Salon-de-Provence. Cette obligation, rappelée sur le site officiel salondeprovence.fr, s’applique à tous les meublés de tourisme sans exception.

Pour une résidence secondaire, la démarche va au-delà de la simple déclaration : vous devez obtenir une autorisation de changement d’usage. Concrètement, cela signifie que vous transformez l’usage de votre logement d’habitation en activité de location touristique. Cette autorisation, délivrée par la mairie, peut être temporaire (généralement 2 ans, renouvelable) ou permanente selon les cas.

La différence avec une résidence principale est importante : si vous louez votre résidence principale de manière ponctuelle, une simple déclaration suffit. Mais dès qu’il s’agit d’une résidence secondaire, l’autorisation préalable devient obligatoire.

Ne pas respecter cette étape vous expose à une amende pouvant atteindre 100 000 euros, assortie d’une astreinte journalière et d’une obligation de remise en état.

Le plafond de jours par an et le numéro d’enregistrement

Depuis le 20 mai 2026, tous les propriétaires doivent obtenir un numéro d’enregistrement composé de 13 caractères via la plateforme nationale Declaloc. Ce numéro doit obligatoirement figurer sur toutes vos annonces, quel que soit le support utilisé (Airbnb, Booking, Abritel ou autre).

Contrairement aux résidences principales qui sont limitées à 90 jours de location par an dans les communes concernées, les résidences secondaires peuvent être louées une grande partie de l’année. Toutefois, cette flexibilité reste soumise à l’obtention de l’autorisation de changement d’usage et au respect des règles locales fixées par la commune.

Les plateformes de réservation ont l’obligation de bloquer automatiquement les annonces dépourvues de numéro d’enregistrement. Sans ce précieux sésame, impossible de publier votre bien ou de recevoir des réservations.

Le rôle du règlement de copropriété

Si votre résidence secondaire se situe dans un immeuble en copropriété, vérifiez impérativement le règlement de copropriété avant toute démarche. Depuis la loi Le Meur, validée par le Conseil constitutionnel en mars 2026, une copropriété peut désormais interdire les meublés de tourisme à la majorité des deux tiers des copropriétaires.

Avant cette réforme, l’unanimité était requise, rendant toute interdiction pratiquement impossible. Aujourd’hui, il suffit qu’une assemblée générale vote une résolution à cette majorité pour que la location saisonnière devienne impossible dans l’ensemble de l’immeuble, même si vous êtes propriétaire de votre lot.

Cette vérification doit être votre toute première étape. Inutile d’entamer les démarches administratives si votre copropriété a déjà voté l’interdiction. Consultez le procès-verbal de la dernière assemblée générale ou contactez votre syndic pour obtenir cette information cruciale.

Checklist des étapes administratives obligatoires :

  • Vérifier le règlement de copropriété et les résolutions d’assemblée générale
  • Déclarer le meublé de tourisme en mairie de Salon-de-Provence
  • Obtenir l’autorisation de changement d’usage pour résidence secondaire
  • S’enregistrer sur la plateforme Declaloc et obtenir le numéro à 13 caractères
  • Réaliser le diagnostic de performance énergétique (DPE) et s’assurer que le bien n’est pas classé G
  • Afficher le numéro d’enregistrement sur toutes les annonces de location

Pour un accompagnement complet sur ces démarches, consultez notre guide détaillé pour louer sa résidence secondaire sur Airbnb à Salon-de-Provence.

Quelles sont les restrictions de location saisonnière ?

Les cas où Airbnb est interdit à Salon-de-Provence

Certaines situations rendent la location de courte durée impossible, même si vous êtes propriétaire. Depuis 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique ne peuvent plus être mis en location saisonnière. Cette interdiction s’étend aux logements F à partir de janvier 2028, puis aux logements E en 2034. Si votre bien est une passoire thermique, vous devrez d’abord réaliser des travaux de rénovation énergétique avant de pouvoir le proposer sur Airbnb.

Le règlement de copropriété peut également bloquer votre projet. Depuis la loi Le Meur, une majorité des deux tiers des copropriétaires suffit pour interdire les meublés de tourisme dans un immeuble. Vérifiez ce document avant toute mise en location.

Enfin, l’absence de déclaration en mairie ou de changement d’usage pour une résidence secondaire constitue une infraction qui vous expose à des sanctions. Airbnb bloque automatiquement les réservations au-delà du plafond de nuitées autorisé par an dans les villes concernées, rendant impossible toute location au-delà de cette limite.

Les sanctions en cas de non-respect de la réglementation

Les contrôles se sont considérablement renforcés depuis 2024. Le maire peut infliger une amende pouvant atteindre 10 000 € en cas d’absence de numéro d’enregistrement, et jusqu’à 20 000 € en cas de fausse déclaration. Pour un défaut de changement d’usage, l’amende peut grimper jusqu’à 50 000 € par logement concerné.

Les plateformes qui diffusent des annonces non conformes risquent elles aussi des sanctions financières lourdes, allant jusqu’à 100 000 € par local. Cette responsabilité partagée pousse Airbnb et ses concurrents à vérifier scrupuleusement la conformité des annonces.

La directive européenne DAC7, en vigueur depuis janvier 2023, permet au fisc de tracer toutes les transactions réalisées via les plateformes numériques. Les opérateurs de plateforme transmettent désormais automatiquement à l’administration fiscale les données relatives aux revenus générés par chaque propriétaire. Les contrôles municipaux se sont également intensifiés, rendant quasi impossible le contournement de la réglementation.

La taxe de séjour et la fiscalité à Salon-de-Provence

Le régime micro-BIC et l’abattement forfaitaire

Le régime micro-BIC simplifie la déclaration de vos revenus locatifs en appliquant un abattement forfaitaire sur vos recettes brutes, sans avoir à justifier vos charges réelles. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Le Meur, le traitement fiscal varie considérablement selon que votre meublé de tourisme est classé ou non.

Pour un logement non classé, l’abattement forfaitaire a été réduit de 50 % à 30 %, et le plafond de recettes abaissé de 77 700 € à seulement 15 000 € par an. En revanche, si vous obtenez le classement officiel auprès d’un organisme accrédité Cofrac, vous conservez l’abattement de 50 % et un plafond de 77 700 €.

Au-delà de ces seuils, vous basculez automatiquement au régime réel, qui permet de déduire vos charges et amortissements mais impose une comptabilité plus rigoureuse. Il faut également anticiper les cotisations sociales : au-delà de 23 000 € de recettes annuelles, vous êtes redevable de cotisations à l’Urssaf, qui s’ajoutent à l’impôt sur le revenu.

CritèreAvant loi Le Meur (2024)Après loi Le Meur (2025-2026)
Meublé non classé : Plafond micro-BIC77 700 €15 000 €
Meublé non classé : Abattement forfaitaire50 %30 %
Meublé classé : Plafond micro-BIC77 700 €77 700 € (maintenu)
Meublé classé : Abattement forfaitaire50 %50 % (maintenu)

La collecte et le versement de la taxe de séjour

La taxe de séjour s’applique à tous les hébergements touristiques de Salon-de-Provence. Elle est calculée par nuitée et par personne, selon un tarif qui dépend de la catégorie de votre logement (meublé classé ou non, nombre d’étoiles). À Salon-de-Provence, le régime fiscal est au réel, ce qui signifie que le montant varie en fonction du prix de la nuitée. Une majoration de 34 % s’ajoute au titre de la taxe additionnelle régionale au bénéfice de la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur.

Dans la pratique, la collecte est largement automatisée. Les plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel collectent directement la taxe auprès de vos voyageurs et la reversent à la commune pour votre compte.

Si vous gérez vos réservations en direct, vous devez percevoir la taxe vous-même et effectuer une télédéclaration mensuelle sur la plateforme salondeprovence.taxesejour.fr. L’Office de Tourisme vous transmet vos identifiants dès votre déclaration d’activité effectuée.

Les alternatives pour la location de vacances à Salon-de-Provence

Face aux restrictions croissantes qui encadrent la location saisonnière, plusieurs alternatives légales méritent votre attention. Ces solutions permettent de valoriser votre bien tout en contournant les contraintes du plafond de 90 jours.

Le bail mobilité représente une option particulièrement intéressante. Ce contrat de location meublée, d’une durée de 1 à 10 mois, s’adresse à une clientèle de passage : étudiants, professionnels en mission temporaire ou en formation. L’avantage principal ? Aucune limite de jours par an, contrairement à la location saisonnière classique. Vous pouvez enchaîner plusieurs contrats successifs sans contrainte de plafond annuel, tout en bénéficiant d’une sécurité juridique totale.

Autre piste à explorer : la transformation de votre bien en gîte ou chambre d’hôtes avec un classement Atout France. Cette démarche volontaire vous permet d’obtenir une notation de 1 à 5 étoiles, valable cinq ans, et ouvre droit à un abattement fiscal de 71 % en micro-BIC (contre 50 % sans classement). Le coût de la visite de contrôle se situe entre 150 et 400 euros.

Pour les propriétaires découragés par la complexité administrative, la location longue durée classique reste une solution stable et rentable. Elle offre des revenus réguliers sans les contraintes de déclaration et de gestion quotidienne propres à la location de vacances.

Bonne nouvelle : Salon-de-Provence conserve tout son attrait pour les voyageurs. Le Château de l’Empéri, la maison de Nostradamus, la proximité d’Aix-en-Provence (20 km) et de Marseille (45 km) en font une destination prisée. Que vous optiez pour le bail mobilité, le classement en gîte ou la location longue durée, votre bien trouvera preneur dans ce marché dynamique.

Questions fréquentes sur la réglementation Airbnb

Comment savoir si Airbnb est autorisé dans ma ville ?

Pour connaître les règles applicables dans votre commune, consultez le site officiel de votre ville ou contactez directement le service urbanisme de votre mairie. À Salon-de-Provence, la location saisonnière est autorisée mais strictement encadrée : vous devez obligatoirement déclarer votre meublé de tourisme en mairie et obtenir un numéro d’enregistrement à 13 chiffres avant toute mise en location. Certaines communes peuvent également imposer des restrictions supplémentaires, comme des quotas de meublés par quartier ou un abaissement du plafond de nuitées. Vérifiez aussi votre règlement de copropriété, qui peut interdire ce type de location dans votre appartement.

Quelle est la nouvelle loi concernant Airbnb ?

La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a profondément modifié la réglementation des locations saisonnières en France. Elle impose un enregistrement obligatoire pour tous les meublés de tourisme via un téléservice national, avec un numéro à afficher sur chaque annonce. Le plafond de location pour une résidence principale a été abaissé de 120 à 90 jours par an dans de nombreuses communes. La loi exige également un diagnostic de performance énergétique (DPE) et réduit les avantages fiscaux en abaissant l’abattement forfaitaire du régime micro-BIC. Enfin, elle renforce les pouvoirs des maires, qui peuvent désormais fixer des quotas de meublés de tourisme par zone.

Peut-on louer un Airbnb à l’année ?

Non, un appartement en résidence principale ne peut pas être loué à l’année sur Airbnb. Le plafond légal est fixé à 90 jours maximum par an dans la plupart des communes, dont Salon-de-Provence. Ce plafond s’applique uniquement à la location du logement entier, pas aux chambres privées. En revanche, une résidence secondaire peut être louée une grande partie de l’année sans limitation du nombre de jours, à condition de respecter les autres obligations : déclaration en mairie, numéro d’enregistrement, autorisation de changement d’usage si nécessaire, et DPE conforme. Les plateformes comme Airbnb bloquent automatiquement les réservations une fois le plafond atteint pour les résidences principales.

Quelles obligations pour déclarer un meublé de tourisme à Salon-de-Provence ?

Pour déclarer votre meublé de tourisme à Salon-de-Provence, vous devez effectuer une déclaration en mairie via le téléservice national ou le formulaire Cerfa n°14004. Cette démarche vous permettra d’obtenir un numéro d’enregistrement à 13 chiffres, obligatoire depuis mai 2026 et à afficher sur toutes vos annonces. Vous devrez fournir vos coordonnées, l’adresse du bien, et préciser s’il s’agit d’une résidence principale ou secondaire. Un diagnostic de performance énergétique est également exigé. Si vous le souhaitez, vous pouvez demander un classement facultatif auprès d’Atout France, qui vous permettra de bénéficier d’un abattement fiscal plus avantageux.